Perturbateurs endocriniens et troubles du comportement ?
Les 𝐩𝐚𝐫𝐚𝐛𝐞̀𝐧𝐞𝐬 sont utilisés couramment comme conservateurs 𝐝𝐚𝐧𝐬 𝐝𝐞 𝐧𝐨𝐦𝐛𝐫𝐞𝐮𝐱 𝐩𝐫𝐨𝐝𝐮𝐢𝐭𝐬, tels que les produits cosmétiques, les produits d’hygiène ou encore des produits pharmaceutiques. Le 𝐛𝐢𝐬𝐩𝐡𝐞́𝐧𝐨𝐥 𝐒, quant à lui, est trouvé dans les tickets de caisse ou encore les lunettes de soleil, et est un remplaçant du bisphénol A. Ce dernier est 𝐢𝐧𝐭𝐞𝐫𝐝𝐢𝐭 𝐞𝐧 𝐅𝐫𝐚𝐧𝐜𝐞 𝐝𝐞𝐩𝐮𝐢𝐬 𝟐𝟎𝟏𝟓 à cause de ses effets de perturbateur endocrinien. Des chercheurs français ont étudié l’effet d’une exposition prénatale au méthylparabène et au bisphénol S 𝐬𝐮𝐫 𝐥𝐞𝐬 𝐭𝐫𝐨𝐮𝐛𝐥𝐞𝐬 𝐝𝐮 𝐜𝐨𝐦𝐩𝐨𝐫𝐭𝐞𝐦𝐞𝐧𝐭 𝐜𝐡𝐞𝐳 𝐥’𝐞𝐧𝐟𝐚𝐧𝐭.
L’étude, publiée fin 2025 dans le journal 𝐿𝑎𝑛𝑐𝑒𝑡 𝑃𝑙𝑎𝑛𝑒𝑡𝑎𝑟𝑦 𝐻𝑒𝑎𝑙𝑡ℎ, a porté sur 𝐝𝐞𝐮𝐱 𝐜𝐨𝐡𝐨𝐫𝐭𝐞𝐬 𝐝𝐞 𝐛𝐢𝐧𝐨̂𝐦𝐞𝐬 𝐦𝐞̀𝐫𝐞-𝐞𝐧𝐟𝐚𝐧𝐭, une située en Espagne et une en France. L’exposition aux molécules d’intérêt a été mesurée par 𝐚𝐧𝐚𝐥𝐲𝐬𝐞𝐬 𝐮𝐫𝐢𝐧𝐚𝐢𝐫𝐞𝐬 d’entre 24 et 42 échantillons. Le comportement des enfants a été évalué par la 𝐂𝐡𝐢𝐥𝐝 𝐁𝐞𝐡𝐚𝐯𝐢𝐨𝐮𝐫 𝐂𝐡𝐞𝐜𝐤𝐥𝐢𝐬𝐭 (CBCL). Les résultats ont montré une corrélation positive entre le 𝐧𝐢𝐯𝐞𝐚𝐮 𝐝’𝐞𝐱𝐩𝐨𝐬𝐢𝐭𝐢𝐨𝐧 𝐚𝐮 𝐦𝐞́𝐭𝐡𝐲𝐥𝐩𝐚𝐫𝐚𝐛𝐞̀𝐧𝐞 𝐞𝐭 𝐥𝐞𝐬 𝐬𝐜𝐨𝐫𝐞𝐬 𝐝𝐞 𝐥𝐚 𝐂𝐁𝐂𝐋. La même tendance a été observée 𝐩𝐨𝐮𝐫 𝐥𝐞 𝐛𝐢𝐬𝐩𝐡𝐞́𝐧𝐨𝐥 𝐒, mais seulement chez les garçons. Concernant le substrat biochimique de ces effets, l’hypothèse principale 𝐫𝐞𝐩𝐨𝐬𝐞 𝐬𝐮𝐫 𝐥𝐞 𝐜𝐨𝐫𝐭𝐢𝐬𝐨𝐥, bien qu’un lien de causalité n’ait pas été établi.
Les études sur les effets des perturbateurs endocriniens sont nombreuses, car ces molécules constituent un 𝐯𝐫𝐚𝐢 𝐩𝐫𝐨𝐛𝐥𝐞̀𝐦𝐞 𝐝𝐞 𝐬𝐚𝐧𝐭𝐞́ 𝐩𝐮𝐛𝐥𝐢𝐪𝐮𝐞. Ces résultats soulèvent également la question de la régulation de ces composés. En effet, le bisphénol S a remplacé le bisphénol A, alors que les molécules sont similaires.