Maladies cardiovasculaires et inégalités de genre

31/03/2026

Les maladies cardiovasculaires sont largement répandues dans la population. Cependant, hommes et femmes ne sont pas égaux face à ces maladies. Et contre toute attente, ce sont les femmes les plus vulnérables !

Les maladies cardiovasculaires représentent la 𝐜𝐚𝐮𝐬𝐞 𝐩𝐫𝐢𝐧𝐜𝐢𝐩𝐚𝐥𝐞 𝐝𝐞 𝐝𝐞́𝐜𝐞̀𝐬 à l’échelle mondiale d’après l’Organisation mondiale de la santé. Parmi celles-ci, l’𝐢𝐧𝐟𝐚𝐫𝐜𝐭𝐮𝐬 𝐝𝐮 𝐦𝐲𝐨𝐜𝐚𝐫𝐝𝐞 et l’𝐚𝐜𝐜𝐢𝐝𝐞𝐧𝐭 𝐯𝐚𝐬𝐜𝐮𝐥𝐚𝐢𝐫𝐞 𝐜𝐞́𝐫𝐞́𝐛𝐫𝐚𝐥 sont les plus meurtrières (environ 85 % des décès). Concernant l’archétype du patient atteint d’un infarctus du myocarde, on pense plutôt au profil d’un homme, en surpoids, fumeur, consommateur régulier d’alcool ou stressé. Et bien détrompez-vous, l’infarctus constitue la 𝐩𝐫𝐞𝐦𝐢𝐞̀𝐫𝐞 𝐜𝐚𝐮𝐬𝐞 𝐝𝐞 𝐦𝐨𝐫𝐭𝐚𝐥𝐢𝐭𝐞́ 𝐜𝐡𝐞𝐳 𝐥𝐚 𝐟𝐞𝐦𝐦𝐞, alors que cette place est détenue par le cancer chez l’homme. De plus, il est estimé que 𝟓𝟔 % 𝐝𝐞 𝐟𝐞𝐦𝐦𝐞𝐬 𝐦𝐞𝐮𝐫𝐞𝐧𝐭 𝐝𝐞 𝐦𝐚𝐥𝐚𝐝𝐢𝐞𝐬 𝐜𝐚𝐫𝐝𝐢𝐨𝐯𝐚𝐬𝐜𝐮𝐥𝐚𝐢𝐫𝐞𝐬, contre 46 % des hommes.

𝐏𝐥𝐮𝐬𝐢𝐞𝐮𝐫𝐬 𝐜𝐚𝐮𝐬𝐞𝐬 ont été citées pour expliquer cette disparité entre hommes et femmes. Anatomiquement, les artères coronaires féminines 𝐬𝐨𝐧𝐭 𝐩𝐥𝐮𝐬 𝐩𝐞𝐭𝐢𝐭𝐞𝐬 𝐞𝐭 𝐬𝐢𝐧𝐮𝐞𝐮𝐬𝐞𝐬, ce qui peut accentuer la probabilité de complications. Ensuite, les femmes ont tendance à 𝐦𝐢𝐧𝐢𝐦𝐢𝐬𝐞𝐫 𝐥𝐞𝐬 𝐝𝐨𝐮𝐥𝐞𝐮𝐫𝐬 de type thoracique en raison de l’expérience de douleurs très importantes au cours de leur vie. Une étude de 2024 avait également montré que la douleur des femmes était 𝐠𝐥𝐨𝐛𝐚𝐥𝐞𝐦𝐞𝐧𝐭 𝐬𝐨𝐮𝐬-𝐞𝐬𝐭𝐢𝐦𝐞́𝐞 𝐩𝐚𝐫 𝐥𝐞 𝐜𝐨𝐫𝐩𝐬 𝐦𝐞́𝐝𝐢𝐜𝐚𝐥. Pour finir, les femmes ont aussi tendance à moins bien suivre la rééducation cardiaque, qui a pour but de prévenir les récidives, car elles font souvent 𝐩𝐚𝐬𝐬𝐞𝐫 𝐥𝐞𝐮𝐫 𝐬𝐚𝐧𝐭𝐞́ 𝐚𝐩𝐫𝐞̀𝐬 𝐜𝐞𝐥𝐥𝐞𝐬 𝐝𝐞 𝐥𝐞𝐮𝐫𝐬 𝐟𝐚𝐦𝐢𝐥𝐥𝐞𝐬.

De plus, en plus des facteurs de risque qui leur sont spécifiques, il semblerait que les femmes soient 𝐩𝐥𝐮𝐬 𝐬𝐞𝐧𝐬𝐢𝐛𝐥𝐞𝐬 𝐪𝐮𝐞 𝐥𝐞𝐬 𝐡𝐨𝐦𝐦𝐞𝐬 𝐚̀ 𝐝𝐞𝐬 𝐟𝐚𝐜𝐭𝐞𝐮𝐫𝐬 𝐝𝐞 𝐫𝐢𝐬𝐪𝐮𝐞 𝐜𝐥𝐚𝐬𝐬𝐢𝐪𝐮𝐞𝐬, comme par exemple le 𝐭𝐚𝐛𝐚𝐠𝐢𝐬𝐦𝐞. Le risque d’infarctus dû à celui-ci serait supérieur de 30 % chez la femme par rapport à l’homme. La prévention doit donc 𝐟𝐨𝐫𝐭𝐞𝐦𝐞𝐧𝐭 𝐞̂𝐭𝐫𝐞 𝐫𝐞𝐧𝐟𝐨𝐫𝐜𝐞́𝐞 dans cette population.